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samedi 22 octobre 2016

Céline Alvarez est-elle révolutionnaire?

A moins d'avoir voyagé hors de France ces dernières semaines, vous ne pouvez pas ignorer que le livre de Cléine Alvarez est sorti. Après 3 ans d'expérience dans sa classe de Gennevilliers, que nous étions un bon nombre à suivre sur son premier site, l'annonce de sa démission en septembre 2014, la création d'un site dédié l'an dernier et un premier cycle de conférences à Paris, elle a publié le livre qui retrace son expérience sous le titre "Les lois naturelles de l'enfant".



Nous étions nombreux à attendre ce livre et après un boom médiatique très élogieux dans la plupart des grands médias nationaux, des voix dissonantes s'élèvent ici et là sur le net, réfutant l'intérêt de l'ouvrage et la portée même de son expérience.

Pourquoi ce livre provoque-t-il tant de remous? Et en quoi est-il un livre important qui peut vous aider dans votre pratique et amener enfin à changer les choses?
Essayons de comprendre.


Les communicants des éditions de arènes ont choisi de diffuser le livre avec un bandeau comportant la photo de Céline Alvarez et ce slogan "La révolution de l'éducation", ce qui a certainement aidé à allécher les journalistes, mais n'est sans doute pas le meilleur cadeau à lui faire.

Révolutionnaire, la pédagogie de Céline Alvarez?

Clairement, non.
Elle ne cache pas qu'elle utilise la pédagogie de Maria Montessori et qu'elle s'appuie sur les résultats de la recherche en neurosciences. Ces mêmes résultats d'ailleurs, qui ont déjà commencé à être vulgarisés par des auteurs tels qu'Isabelle FiliozatCatherine Guegen, Daniel Siegel...

D'ailleurs, Céline Alvarez ne se revendique pas comme révolutionnaire. C'est sa maison d'édition qui la met ainsi en avant. Ses détracteurs ont beau jeu de le lui reprocher.

Elle prend soin d'ailleurs de replacer sa démarche dans la courant de pensée de Maria Montessori qui s'appuyait sur les travaux novateurs d'Itard et surtout d'Edouard Seguin.
Mais sans doute fait-elle preuve de maladresse - et c'est là ma seule vraie critique - lorsqu'elle explique qu'elle s'est imprégnée des lectures de Maria Montessori et en a tiré l'essence véritable, contrairement aux montessoriens, qui, selon les dires mêmes de Maria Montessori n'auraient "rien compris" à sa méthode et l'auraient "sacralisée et transformée en pédagogie figée". On a un peu l'impression, à la lire, que sans elle, nous serions restés à côté des avancés de Maria Montessori!

C'est méconnaître que même après le décès de Maria Montessori, la recherche et l'évolution n'ont jamais cessé. Une bonne partie de ce qui fait sa pédagogie a été mise en place après sa mort, notamment grâce au travail de son fils.
Mais peut-être Céline Alvarez pense-t-elle à la réaction de formateurs Montessori qui demandent à leurs stagiaires de ne pas modifier la pédagogie. Ce discours est souvent mal compris mais il a du sens. Actuellement, dans les formations, il est courant de voir des personnes pleines de bonne volonté, et qui, dès que le formateur a fini de parler, interviennent pour demander si on ne pourrait plutôt faire les choses comme ceci plutôt que comme cela. Le formateur intervient en général pour demander au stagiaire de commencer par essayer de mettre en place ce qu'on lui a transmis sans le changer. Et si cela ne fonctionne pas, de se poser la question de pourquoi ça ne marche pas avec lui alors que des centaines d'autres éducateurs y arrivent. En effet, ce qui est transmis ne provient pas d'une théorie, mais du fruit d'une longue expérience auprès de centaines de classes.
Il est vrai qu'il y a plusieurs courants au sein des formations Montessori dont un qui est plus ouvert au changement que les autres. Mais faisons attention avant de vouloir tout changer dès le départ dans une pédagogie qui a fait ses preuves. Plus on acquiert  l'expérience de cette pédagogie, plus on se rend compte qu'elle est plus complexe que ce qu'on aurait cru au départ, que ce qui paraissait un détail a en fait un rôle important. Il nous faut avoir l'humilité de commencer par essayer vraiment la méthode telle qu'elle est. En prenant trop de liberté sans véritable recul, on risque de faire des erreurs qui nous font croire que la méthode n'est pas très performante, et de la décrédibiliser...

Quant à ceux qui décevaient Maria Montesori parce qu'ils n'avaient "rien compris", ce ne sont pas les éducateurs formés auprès de son association mais ses collègues de l'Education Nouvelle ou d'autres pédagogues qui, en tentant de rapprocher sa méthode d'autres méthodes de l'éducation nouvelle, sont passés totalement à côté parce qu'ils se laissent piéger par les préjugés et ne voient pas l'enfant tel qu'il est vraiment.

Autrement dit, à peu près ce qui arrive à Céline Alvarez en ce moment, dans un certain nombre d'articles détracteurs, voire carrément insultants qui fleurissent sur le net.

Pourquoi tant de haine?

Avant d'écrire ce billet, j'ai pris le temps de faire une recherche des articles critiques publiés sur le net. La violence de beaucoup d'entre eux m'a atterrée.
Un certain nombre d'entre eux émanent de collègues qui ont des idées très arrêtées sur ce que doit être l'éducation et sur l'enfant et qui, sous prétexte qu'ils connaissent voire utilisent un peu de matériel Montessori, se montrent d'une sévérité qui confine à la mauvaise fois. Comme en 1949, le problème vient essentiellement du refus de juste regarder l'enfant tel qu'il se montre dans l'environnement préparé et d'inquiétudes a priori sur le danger d'une classe à fonctionnement de type Montessori sur la journée entière. Peu importe ce qui s'est réellement passé dans la classe de Céline Alvarez, ces collègues assènent des principes idéologiques qui sentent bon la pure théorie pour réfuter la validité de son expérience pratique... (Si vous voulez aller voir, c'est sur le site du café pédagogique qui avait pourtant publié un article élogieux 2 ans plus tôt...).

La plupart viennent de collègues qui se sentent insultés par la publicité autour de la sortie de son livre et son omniprésence dans les médias au moment de la rentrée.
Il est vrai que quand on est un professeur qui se bat comme il peut pour aider ses élèves, qui cherche à se repérer dans toutes les propositions pédagogiques pour en choisir une et s'y former (à ses frais le plus souvent), qui se bat pour obtenir des conditions décentes d'enseignement (classe en bon état, ATSEM, matériel adapté), qui doit parfois passer un temps précieux à rédiger des dossiers administratifs complexes pour obtenir (ou pas) un peu d'aide pour son projet ou justifier une pratique par tout à fait "dans les clous", qui se retrouve parfois dans une situation d'incompréhension vis à vis de son inspecteur et/ou de ses collègues, le parcours de Céline Alvarez peut laisser rêveur.... ou un peu amer.

Toute jeune professeur, elle a en effet réussi à obtenir dès sa 2ème année d'enseignement le "graal" auquel aspire tout enseignant qui veut faire bouger les choses: une classe expérimentale qui réunissait toutes ses demandes, en plus (public, matériel, ATSEM, rythme personnalisé)! Céline Alvarez a beau nous expliquer, au début de son livre, que sa volonté était si forte que "rien, absolument rien, n'aurait pu [la] faire dévier de [son] objectif", sa réponse nous laisse sur notre faim et cela excite forcément la jalousie de certains.

Et lorsqu'elle explique qu'elle voulait, dès le départ, infiltrer l'éducation nationale pour tester son hypothèse puis démissionner, cela hérisse plus d'un collègue dont les valeurs de service sont chevillées au corps et qui se sentent instrumentalisés par le procédé. Du coup, certains se sentent insultés alors que le propos n'est absolument pas là.

Bref, bon nombres de ces réactions hostiles me semblent juste dues à des maladresses, et notamment de l'Education Nationale elle-même, qui a, parait-il, "parachuté" Céline Alvarez à Gennevilliers sans concertation. Pour ses collègues de l'école en REP-plan violences, qui attendaient sans doute que le ministère leur apporte des moyens concrets pour mieux travailler, l'arrivée de Céline Alvarez n'a pas été ce qu'elles attendaient...

Dans cette vieille maison qu'est l'Education Nationale, on apprend vite que, si on veut pouvoir jouir d'une certaine liberté pédagogique, il faut savoir se faire discret. D'autant que, d'un inspecteur à l'autre, les réactions peuvent être totalement contradictoires: l'un applaudira au nom de Montessori, l'autre s'y montrera farouchement opposé.
Les collègues Freinet le savent bien, eux qui font depuis des années un travail formidable auprès des enfants mais ont appris à communiquer dans une certaine discrétion qui ne les empêche pas de faire de plus en plus d'adeptes.

Pour finir dans la revue des articles hostiles, il y a aussi des réactions qui interrogent quant à la volonté réelle de leur auteur de faire changer les choses. Le syndicaliste Paul Devin fait preuve d'une telle mauvaise fois dans son analyse qu'on finit par se demander s'il ne cherche pas plutôt à conforter un certain ordre établi et avoir intérêt à ce que rien ne change... Facile alors de construire toute une critique qui tourne surtout autour du fait que Céline Alavarez a pu bénéficier d'une aide financière conséquente (un poste d'ASTEM pendant 3 ans et le matériel pédagogique) venant d'une institution semi-publique dont les entreprises mécènes nous semblent un peu éloignés des buts qu'elle défend. Facile, donc, de dénoncer un "entrisme néo-libéral" sans avoir pris le temps de lire réellement le livre...

Une mèche plutôt qu'une révolution?


Maintenant que voilà exposés les objets de critiques, qu'y-a-t-il dans ce livre?
Si vous avez déjà l'habitude de traîner sur le site de Céline Alvarez depuis septembre 2015 et même avant, vous vous retrouverez en territoire connu, avec peu de nouveautés par rapport au contenu de son site.
Mais c'est un livre agréable, qui a l'avantage de synthétiser en un seul volume l'essentiel de l'expérience et des principales clefs pédagogiques.

Si vous souhaitez mieux connaître le matériel Montessori, ce volet, bien que traité, est forcement esquissé, vu le format du livre et la volonté d'en faire un ouvrage destiné à tous. Mais vous savez déjà que le matériel n'est pas le plus important. Et c'est justement sur la posture de l'adulte que le livre est le plus intéressant. Reprenant les résultats des recherches récentes, il valide le positionnement prôné par Maria Montessori. Céline Alvarez passe beaucoup de temps à expliquer le fonctionnement du cerveau de l'enfant et l'importance du développement des compétences exécutives pour légitimer à la fois la nécessité d'un positionnement bienveillant pour l'adulte et le recours aux activités de vie pratique et sensorielles. L'importance de l'exactitude du langage (également souligné chez Montessori) est également très bien décrit avec des exemples concrets.

La quatrième partie "le secret, c'est l'amour", m'a évoqué, à bien des égards, le livre de Donna B. Goertz, "Quand l'école s'adapte à l'enfant", dans lequel cette éducatrice Montessori relate son expérience de plus de 20 ans auprès d'une classe 6-9 ans. Les 2 livres se complètent bien.

Il faut mettre au crédit de Céline Alavarez l'important travail d'avoir mis en relation les découvertes scientifiques actuelles avec les choix de Maria Montessori. Ce qu'elle ne pouvait que constater par le fruit de la seule observation est maintenant expliqué grâce aux avancées de la science sur le cerveau.
C'est une voix de plus qui s'élève pour que la formation des enseignants ne soit plus laissées à certains théoriciens qui (comme les détracteurs de Maria Montessori à l'époque) assènent des pseudo-vérités sur ce qu'est l'enfant et sur l'acte d'apprendre et laissent les enseignants se débrouiller avec des méthodes inadaptées. Stanislas Dehaene a déjà essayé de faire bouger les choses sur la lecture, et il faut voir comme Eveline Charmeux, grande prêtresse de la lecture qui serine depuis des années que le déchiffrage empêche les enfants d'apprendre à lire (!!), a réagi violemment dans son blog.
Il est dommage que les résultats des tests scientifiques réalisés sur les enfants avant leur entrée dans la classe puis au cours de l'année ne soient pas encore complètement publiés mais ce qu'elle peut déjà en dire est assez prometteur. On peut d'ailleurs se demander si l'arrêt officiel de ces tests scientifiques n'a pas été provoqué par premiers résultats eux-mêmes: des résultats aussi inespérés ne forceraient-ils pas tout bonnement le ministère à revoir intégralement sa copie? Mieux valait sans doute arrêter tout cela immédiatement...
Céline Alvarez a, semble-t-il, réussi à obtenir les autorisations de certains parents à continuer les tests  pour une partie des enfants de la classe. Il y a hélas fort à parier que, dès qu'ils seront connus, ils attireront les critiques parce que n'ayant pas de base officielle, ne reprenant pas toute la cohorte de la classe... En attendant, on aura tout de même un début de résultats scientifiques très prometteurs.

D'autant plus prometteurs que Céline Alvarez a eu la très bonne idée de couper court aux critiques en faisant tout pour obtenir une classe dans le secteur public, d'élèves venant d'un quartier défavorisé et en effectif normal (25 à 27 élèves). Jusqu'à présent, lorsque les Montessoriens tentaient de faire valoir l'efficacité de leur méthode, on avait beau jeu de répliquer que ça ne valait que parce que c'était des classes de faible effectif (ce qui est loin d'être toujours le cas, en plus!) et avec des enfants forcément favorisés, vus les tarifs pratiqués...

L'autre point très intéressant que le livre développe, c'est la mise ne place d'une véritable communauté au sein de la classe. Maria Montessori en parle abondamment dans ses livres, Céline Alvarez l'illustre avec son expérience et répond ainsi magistralement à ceux qui pensent qu'il est "dangereux" de pratiquer Montessori sur la journée entière et de ne passer que 30 minutes en regroupement.
On y voit vivre des enfants qui développent un vrai sens de la solidarité et des valeurs communes. C'est un véritable esprit de classe qui s'est petit à petit mis en place, tellement fort qu'il a réussi à perdurer entre les enfants même après leur départ de la classe. On entend régulièrement des critiques sur la méthode qui prétendent qu'elle favoriserait l'individualisme, qu'elle serait inspirée d'un courant de droite néo-libéral qui valorise le chacun pour soi. Pourtant, c'est tout l'inverse qui se vit dans la classe. La construction forte de la personnalité au travers des activités, couplée à l'atmosphère de respect et à l'utilisation d'outils de communication, conduisent au développement d'enfants emphatiques qui sont capables de se concentrer sur un travail solitaire mais aussi de travailler à plusieurs, de transmettre leurs connaissances, de porter assistance...

Bien sûr, on aurait aimé que le livre aille plus loin sur certains points: qu'elle détaille comment la classe est passée d'une certaine anarchie à l'ordre intérieur. Que le discours soit peut-être moins axé sur les résultats en termes scolaires, d'avance ou de retard et s'attarde aussi sur les quelques élèves pour lesquels les résultats ont été moins spectaculaires, parce que c'est cela aussi la réalité des enfants (voir cet article sur le temps de l'adulte et le temps de l'enfant sur mon blog 6-12)...

Il n'empêche, ce livre fera sans doute date dans l'histoire de l'éducation. Non pas parce que Céline Alvarez est révolutionnaire, mais parce qu'elle a osé faire fi des codes de l'Education Nationale et parler en direct à des centaines de collègues qui n'attendaient que cela. Il m'arrive de penser à ce livre un peu comme à une bombe lancée par les anarchistes au début du XXème siècle.

Certes, elle n'a pas les codes du système; elle s'apparenterait plutôt un à bug, ou à une puce sur le mammouth, pour reprendre la trop fameuse image de Claude Allègre.
Mais elle arrive au moment où nombreux sont les collègues qui en ont assez du fonctionnement actuel et qui veulent autre chose pour les enfants dont ils ont la charge. C'est un mouvement de fond qui se dessine depuis des années déjà. J'en avais eu un aperçu, lorsqu'en 2012, en quelques mois, le public de mes conférences sur la pédagogie Montessori était passé d'environ 30% d'enseignants à 100% d'enseignants de maternelle et primaire.
Ce mouvement de fond est maintenant relayé par les parents qui souhaitent eux aussi autre chose pour leurs enfants et qui voudraient que cette alternative ne soit pas uniquement reléguée à l'enseignement privé.

Alors je vois ce livre comme la mèche qui va allumer, je l'espère, un immense mouvement dans l'éducation, le renouveau que nous attendons depuis longtemps. Le site internet avait déjà commencé le travail (et donné de la crédibilité au livre à venir), la publication du livre est une caisse de résonance supplémentaire. Il permet à toutes les petites voix qui travaillaient secrètement dans leur coin, de s'unir et de se faire entendre.
Bien sûr, ce livre est mal pris par une catégorie de personnes pour diverses raisons. Mais peu importe, dès lors qu'il trouve son public et qu'il gagne toujours plus d'enseignants. J'espère que nous sommes enfin à la veille d'un mouvement vraiment conséquent qui aura du poids. Dans "Ces écoles qui rendent nos enfants heureux", Antonella Verdani explique que les mouvements alternatifs restent minoritaires et invisibles pendant un bon moment, puis finissent par acquérir une masse critique qui peut les faire basculer de la minorité dans la majorité. Sommes-nous enfin arrivés à ce moment?

Comme dans toute époques de bouleversement, il y aura sans doute des expériences malheureuses, des tentatives de récupération qui fausseront l'objet même de la méthode (voir Maria Montessori en 1949), des expériences qui se voudront dans la méthode mais qui seront à côté... la pire des choses serait de ne pas avoir essayé.
Il faut rendre justice à Céline Alvarez de faire tout son possible pour que cela change. Elle sait qu'elle ne peut rien à elle tout seule et que le changement viendra de la masse de collègues de l'intérieur déterminés à aller expérimenter la voie qu'elle a testée elle-aussi. A ce titre, plus qu'une révolutionnaire, c'est une ouvreuse de voie, la mèche d'un mouvement qui explosera bientôt, je l'espère.
Qui explosera... de joie, bien sûr!

4 commentaires:

  1. Quel bel article plein d'espoir!
    Je retrouve dans ton article ce que j'éprouve aujourd'hui avec ma classe: "tout n'est pas parfait mais j'ai une envie furieuse de réussir! "
    Encore merci pour les articles de ce blog et de l'autre. Je suis une fidèle lectrice!
    Blandine

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  2. merci pour ce joli commentaire sur ce livre que je n'ai pas encore fini de lire...Je voulais également en faire l'analyse sur mon blog (mais ce ne sera plus vraiment nécessaire, c'est si finement analysé ici !!!), car les critiques m'incommodent...en effet, ce sont des personnes, qui ont souvent cru que le matériel Montessori, c'était presque tout...
    et c'est pour cela que j'apprécie tout particulièrement ce livre moi aussi, par la place si importante de l'éducateur, de son positionnement par rapport aux enfants, de son écoute....etc moi aussi, j'y vois une résonance au livre de Donna B. Goertz, "Quand l'école s'adapte à l'enfant"; enfin, ce n'est plus le matériel qui prime ...

    ensuite , j'y ajouterais tout de même, qu'une formation ajoute beaucoup autant pour connaître la manipulation la plus juste du matériel, en évitant tout geste ou parole supplémentaire qui encombre l'enfant dans ses apprentissages, que par la réflexion que l'on est amené à mener sur soi-même, petit à petit, notamment quand on est un peu formaté par l'Education, foi d'enseignante en congé quasi "éternel" qui pratique l'ief....

    Mais j'applaudis, évidemment, tout changement dans la classe, même minime soit-il, même sans formation... cela peut-être tellement pour chaque enfant !

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  3. Merci pour cette analyse que je partage

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  4. Bonjour,
    Merci pour cette très bonne analyse, avec laquelle je suis assez d'accord... Moi aussi, je crois (et j'espère !) que Céline Alvarez "ouvre des voies", au moment où les échecs du système scolaire "classique", les difficultés, et l'épuisement (oui, oui, je sais de quoi je cause !) des enseignants les poussent à rechercher autre chose.
    En ce qui me concerne, j'apprécie particulièrement dans la démarche de Céline A. le fait qu'elle démocratise les apports de Montessori, Itard et Seguin d'une façon plus efficace que si elle s'en était tenue à parler d'une "méthode" Montessori réservée à certaines écoles. Ouvrir les connaissances de M.Montessori aux enseignants de l'Education nationale, c'est mettre en marche un début de changement, même si ce n'est pas une révolution. Personnellement,je crois beaucoup aux "révolutions" qui se font en douceur, avec du temps fécond...
    Une enseignante de maternelle de l'Education Nationale, qui a commencé sa révolution intérieure et qui ne compte pas en rester là !!!

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