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mercredi 14 janvier 2009

Géométrie et introduction à la grammaire



En début de séance, Clémence a passé un long moment avec ses Attrimaths. Il existe des fiches pour travailler avec ce matériel qui ne fait pas partie du matériel Montessori. Pour l’instant, je la laisse découvrir et expérimenter librement les formes et leurs associations (en ce sens, je respecte une procédure Montessorienne: d’abord la découverte sensorielle avant un éventuel travail plus guidé et organisé).





En fin de séance, j’ai fait à Clémence sa première présentation de grammaire: il s’agissaitd’introduire la notion de nom. On commence ce travail  lorsque l’enfant commence à lire des mots.
La présentation est toute simple. Il faut se munir de petits billets de papier et d’un crayon. On appelle l’enfant et on lui dit: “je vais écrire un mot sur ce billet. Tu vas le lire et m’apporter ce qui est écrit dessus.” 
Sur le billet, on écrit en grosses cursives bien formées un mot que l’enfant est capable de lire et qui se trouve dans l’environnement de la classe: cube, tapis, carafe... 
Avant de donner le billet à l’enfant, on le plie: cela donne de l’intérêt à la chose à lire. L’enfant adore déplier son billet avant de découvrir ce qu’il y a dessus.

Lorsque l’enfant ramène l’objet indiqué sur le billet, on prend l’objet et on dit: “Tu vois, ceci à un nom: “cube”” et on place le billet à côté.
On écrit alors un autre billet et on recommence le même manège. S’il y a plusieurs enfants dans la classe ou un animal, on fait un billet avec le nom d’un enfant ou de l’animal afin que l’enfant n’associe pas le nom seulement avec des objets, mais aussi avec des êtres vivants.

Au bout de quelques billets, j’ai dit à Clémence que j’allais lui faire une farce et j’ai écrit “lune” sur le billet. Clémence est restée interloquée: “Mais, je ne peux pas l’apporter!” 
-”Ah bon? Pourquoi?”
-”Parce qu’elle est dans le ciel!”
-”Bien sûr! Mais je peux en parler, même si je ne peux pas l’apporter?”
-”Oui.”
-”Tu vois, cela aussi a un nom: “lune”, comme ça, nous pouvons en parler.”

Au bout de 8 billets, j’ai dit à Clémence: “Tout a un nom: les arbres, les rivières, les vents, les pays, les animaux, les objets, les gens.... Quand les hommes ont commencé à parlé, il y a très longtemps, il ont eu besoin de donner un nom à chaque chose et à chaque être vivant pour savoir de quoi ou de qui ils parlaient. Le nom, c’est le mot qui nous indique de quoi ou de qui l’on parle.”

Clémence a écouté sans rien dire. Puis est restée longuement pensive devant ses 8 billets. Elle a été très fière ensuite de les garder et de les ranger dans sa petite boite personnelle.





Comme j’écris ce billet plusieurs jours après, je peux dire que cette présentation a fait son chemin, tout doucement. Deux jours plus tard, alors que nous étions dans la cuisine, Clémence s’est mise à me tendre un couteau, en me disant: “couteau, c’est le nom de cet objet?” Puis: “les hommes, ils ont donnés des noms à toutes les choses et à tous les êtres vivants?”

Un enfant ne manifeste pas forcément un intérêt débordant d’enthousiasme au moment d’une présentation, mais la plupart du temps, les choses font leur chemin petit à petit dans sont esprit et finissent par devenir claires sans que nous ayons besoin d’y revenir.


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