Le contenu de ce blog est le reflet de mon cheminement dans la pratique de la pédagogie Montessori et n'engage que moi.
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jeudi 29 septembre 2016

Pourquoi je ne vous recommande pas "les petits Montessori".

Voilà un moment que Sylvie d'Esclaibes a fait son trou sur le net dans le monde montessorien. D'abord présente sur un simple blog relayant son expérience dans son école, elle s'est faite de plus en plus présente en lançant son organisme de formation, en parrainant de nouvelles écoles et maintenant en écrivant un livre sur son expérience et 4 petits cahiers aux éditions "La librairie des écoles".



Au moment de leur sortie, moult blogueuses ont reçu leurs exemplaires et les critiques ont été quasi unanimes (je n'ai moi-même trouvé qu'un seul blog qui n'adhérait pas vraiment).
N'étant plus directement concernée, j'ai commencé par me désintéresser des dits cahiers puis je me suis dit que si je voulais que le blog 3-6 demeure vivant, parler un peu des nouveautés 3-6 ans pourrait s'avérer utile.

J'ai donc pris le temps de les feuilleter longuement en librairie. C'est vrai que l'objet est joli, un petit format agréable, des illustrations toutes mignonnes, une couverture au toucher très agréable... J'en ai même acheté 2 pour retrouver plus facilement tout ce qui m'est venu à l'esprit en les feuilletant.
Voici donc listées ci-dessous les raisons pour lesquelles je ne vous conseille pas de vous lancer dans cet achat, même si ces cahiers sont effectivement vendus plutôt à prix doux (6,60€)

Mais pourquoi diable des cahiers?

La première objection qui me vient, c'est le concept même de cahier en pédagogie Montessori, et 3-6 ans, en plus. Sylvie d'Esclaibes doit bien savoir que le coeur même de la pédagogie Montessori, c'est la manipulation. Or on ne manipule pas avec un cahier.

D'ailleurs, elle le sait bien puisqu'elle nous dit en introduction: "Ces cahiers ne suffisent pas: les enfants de 3 à 7 ans, à qui ils sont destinés, ont besoin par ailleurs de manipuler, de sentir, d'explorer le monde par eux-mêmes. Le matériel sensoriel conçu par Maria Montessori est un élément essentiel de l'efficacité de sa pédagogie, et la collection Les petits Montessori n'a pas la prétention de s'y substituer."
Bien. Pourquoi vouloir faire ces cahiers, alors? Quel intérêt?  D'autant qu'un peu plus haut, elle nous dit que ces cahiers "servent de point de départ à la découverte des points fondamentaux de la pédagogie de Maria Montessori." Mais pourquoi un cahier comme point de départ?

Autant que possible, il nous faut trouver des supports concrets pour commencer, donc l'image (ce que l'on trouve dans ces cahiers), ne vient qu'en second temps.
Les objets concrets, que l'enfant peut toucher, manipuler, présentent également l'avantage d'offrir des possibilités d'activité quasiment illimitées et de satisfaire le besoin de répétition de l'enfant que ces cahiers n'offrent pas vraiment: le nombre d'exercices est très limité et ne remplace pas la variété que l'on obtient avec des objets et figurines.
Ces cahiers présentent donc des images (jolies), mais aussi beaucoup d'écrit. Pour le cahier "j'écoute les sons" qui reprend le jeu "je devine", l'enfant est constamment mis devant l'image de la lettre qui code le son. C'est vraiment dommage! Dans ce jeu, l'important, c'est de se focaliser sur le son pur sans référence à un symbole écrit. Ça viendra plus tard. Du coup, la différence entre "j'écoute les sons" (qui devrait être purement oral) et "j'associe les lettres aux sons" n'est pas assez nette.

Avoir un cahier, cela suppose d'avoir un crayon. Or, la main de l'enfant n'est pas prête au début du processus. La plupart des cahiers suppose que l'enfant entoure et relie des objets, donc trace des traits obliques. Soit l'enfant fait un effort pour obtenir des beaux traits propres et entraîne sa main pour un exercice contraire à l'écriture, soit on le laisse relier avec des traits très malhabiles, donc un cahier qui ne sera pas joli. Dommage!
Et que dire de l'idée ultra scolaire d'avoir un cahier? Cela me semble aller tellement aux antipodes de cette pédagogie! Quand on dit "cahier", on pense "programme". Un programme décidé à l'avance par l'adulte avec un certain nombre d'exercices pour chaque étape alors que c'est l'enfant qui fabrique lui-même son propre parcours à partir de ce que nous lui montrons et qui va y passer plus ou moins de temps. Bien sûr, dans l'introduction de chaque livre, Sylvie d'Esclaibes parle de liberté et de plaisir de l'enfant et du fait que chaque enfant est différent qu'il faut respecter l'enfant qui se désintéresse d'une activité et prolonger les activités auxquels il se montre sensible. Il n'empêche que le format en cahier risque d'inciter le parent peu habitué à cette pédagogie à pousser son enfant à aller au bout du cahier qu'il aura acheté. Et certains parents séduits par le côté "tout prêt" du cahier risquent d'avoir de la difficulté à prolonger les activités.

Enfin, je suis dubitative sur l'organisation même des cahiers qui mélange à la fois (bonnes) suggestions d'activités, (bons) conseils aux parents, citations de Maria Montessori (un peu aléatoires) et exercices proprement dits, le tout parfois sur une même page.

Voyons maintenant chaque cahier individuellement.

lundi 30 mai 2011

Coup de pouce / coup de pub


 Aujourd’hui, je vais vous parler d’une autre maman qui fait l’école à la maison et tient un blog, Family and Co. Cette maman francophone vit à Londres et travaille en coopération avec une éducatrice Montessori pour préparer le matériel de ses enfants. Elle passe beaucoup de temps à créer du matériel sur papier et m’a récemment contactée pour relire le travail qu’elle avait fait sur les boites roses, bleues et vertes.
Ce matériel développé par les montessoriens anglo-saxons a été récemment adopté par l’AMF et est couramment employé dans des écoles françaises. Mais si l’on trouve facilement de quoi fabriquer ce matériel en anglais, il n’existe rien ou presque sur le sujet en langue française. Seul le principe est bien documenté, les listes de mots ne sont pas accessibles.
L’AMF préconise ce matériel comme pur matériel de lecture et refuse l’utilisation des dictées muettes. Les anglo-saxons et les québécois l’utilisent en partie en écriture comme le matériel des dictées muettes qu’ils n’ont pas.
Pour ma part, je trouve que le matériel des dictées muettes apporte énormément aux enfants mais qu’il manque du matériel de lecture avant la boite des phonèmes. Aussi l’idée de contribuer à rendre accessible ce matériel en France m’a emballé et c’est bien volontiers que j’ai apporté mon aide  pour parachever l’énorme travail réalisé par cette maman.
Ce matériel est maintenant terminé. Family and Co vous le propose sur sa boutique. Il peut paraître incongru de vendre ce matériel alors que nous sommes habituées à échanger gratuitement nos réalisations. Mais il faut préciser que Family and Co a un beau projet: ouvrir une école Montessori dans un pays où cette pédagogie est quasiment inexistante. Alors chaque fichier vendu, c’est peu d’argent de côté pour le matériel de l’école qu’elle espère bien acheter d’ici fin août.
Les boites sont un peu plus chères que ces autres fichiers car il s’agit vraiment d’un très gros travail. Moi qui n’ai fait que relire et apporter des modifications mineures, j’y ai déjà passé beaucoup de temps, alors je n’ose imaginer le temps total qu’il lui a fallu. La série des boites vertes est tout bonnement énorme!

Pour ma part, j’ai déjà fabriqué les 2 premières séries de boites (roses et bleues). Pauline et Liv ont déjà commencé à lire les mots de les 2 premières boites (je n’utilise les boites qu’en lecture puisque les enfants ont les dictées muettes) et s’en régalent. Pauline commence aussi doucement les listes de mots à lire. Quant aux boites vertes, dès qu’elles seront prêtes, je connais une petite fille qui va pouvoir s’entraîner avec!
Beaucoup des mots utilisés dans ces boîtes se recoupent avec les dictées muettes, mais c’est une manière différente de les utiliser. J’aime beaucoup les listes de mots ainsi que les petites et grandes phrases à lire quand l’enfant a pris de l’aisance sur la lecture de mots.


dimanche 21 novembre 2010

Les cartes de nomenclature


Les cartes de nomenclatures ou cartes en 3 parties sont un matériel spécifique de Langage en Montessori. Elles consistent en une série d’images sur un même sujet. Il y a d’abord une série de cartes renseignées (le nom est écrit en dessous), puis la même série non renseignée et enfin une série de billets de lecture.
Ces cartes sont utilisées en plusieurs temps dans la classe. Elles constituent l’un des premiers matériel de Langage dans la classe, avant même que l’enfant commence à savoir lire. Il s’agit en effet d’apporter du vocabulaire nouveau de manière classifiée (on appelle également ces cartes, les «cartes de vocabulaire classifié» ).
Il n’y a pas de liste «canonique» pour ces cartes. Elles sont composées par l’éducatrice en fonction de l’environnement général, des intérêts des enfants... Le but n’étant absolument pas de mettre tout le vocabulaire en carte de nomenclature! Beaucoup de vocabulaire peut et doit être apporté directement en observant les objets concrets.

Avec l’enfant, on étale les cartes renseignées sur le tapis puis l’enfant va mettre en paires les cartes non renseignées. Nous discutons ensuite avec lui pour savoir quels éléments il connaît, le faire parler dessus. Nous ferons les leçons en 3 temps nécessaires pour le vocabulaire qu’il n’a pas.

Lien pour le billet sur la lecture 

Le travail sur ces cartes débouchera ensuite sur les «Grandes Nomenclatures»: Botanique, Zoologie, Géographie, Histoire, Anatomie, Géométrie. Ces dernières sont sur un format de 14 X 14 cm. Les cartes de vocabulaire classifié sont sur un format généralement plus petit, mais il faut veiller à ne pas les faire trop petites non plus. 9X9 cm pour les cartes renseignées semble une bonne dimension.

L’autre point à prendre en compte, c’est que la série ne comporte pas trop d’images: 6 ou 8 cartes par série suffisent. Il ne faut donc pas hésiter à scinder les cartes que l’on trouve sur le net en plusieurs pochettes. Essayez de trouver une thématique commune pour chaque pochette: par exemple, pour les fruits, on peut faire des séries selon les saisons et même subdiviser selon les types de fruits (agrumes, par exemple), pour les légumes, trier les feuilles, les fruits, les fleurs, les racines etc...
Pour les ranger, je fabrique des pochettes dans chemises en bristol de format 24 X 32. Ça se trouve très facilement en papeterie de bureau et pour quelques euros, on en a une centaine de couleurs différentes. On peut faire 2 pochettes par chemise et je garde les chutes pour le découpage/collage. Donc, c’est très économique!


N.B.: Je ne mets pas les cartes de ma fabrication sur le blog car les images proviennent de scans de L’imagier du Père Castor. Elles ne sont pas libres de droit.

vendredi 22 octobre 2010

E. et la lecture: on est presque aux syllabes


Depuis la rentrée, avec E., nous travaillons intensément la lecture. Comme son handicap l’empêche d’aller facilement à l’analyse s’il n’a pas la synthèse, j’utilise la connaissance qu’il a d’un bon nombre de lettres pour fabriquer des syllabes.
Au début, E. m’écoutait dire «lll, a: la» et il répétait. 
Petit à petit, il est arrivé à trouver tout seul le résultat de certaines combinaisons. Au fur et à mesure des séances, il était de plus en plus capable de trouver. Aujourd’hui, il a pratiquement trouvé toutes les combinaisons alors même que j’en avais mis un bon nombre qu’il n’avait jamais ou rarement vues.

Evidemment, ça reste lent. Devant m et o, il ne dit pas «mo», il dit, c’est «mmm», c’est «o» et quand je lui dit, «et les 2 ensemble, ça fait?», il répond alors «mo». Mais quel chemin parcouru en 6 semaines!
On n’est pas encore à la lecture. Il faut encore qu’il comprenne que «ca» et «ac» ça ne fait pas la même chose. Il faut encore qu’il prenne de la vitesse pour arriver à vraiment lire «mami», «papa» ou «papi», que nous avons essayé aujourd’hui et on n’en est pas encore à lire des syllabes fermées comme «lac» ou «bol».
Mais si E. continue à progresser sur ce rythme-là, nul doute qu’il va finir par y arriver!

mercredi 3 mars 2010

Lire




J’ai trouvé par hasard, à l’occasion d’une discussion internet avec une maman montessorienne, l’original du livre de lecture dont je me sers avec Clémence.
C’est un vieux livre des années 60 ou 70 mais conçu par le père Faure pour fonctionner avec les dictées muettes de Lubienska de Lenval.
J’avais depuis longtemps l’envie de posséder une version originale de ce manuel depuis longtemps épuisé et c’est chose faite.
Les couleurs ajoutent beaucoup de charme aux pages et Clémence s’est replongée avec délice dans les premières pages de son livre.




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On voit pas très bien, quand est-ce que tu le scannes ? (dans une autre vie !)
Une lectrice assidue et curieuse !
mercredi 24 mars 2010 - 19:28

jeudi 14 janvier 2010

Lecture





Comme Clémence lit de mieux en mieux, nous avons emprunté à la bibliothèque un numéro du magazine «Je lis déjà». J’avais préparé une sélection d’histoires et, sans surprise, Clémence a choisi le numéro comprenant «Les caprices du petit prince».
Comme il s’agit d’un texte long (17 pages) et avec toutes sortes de graphies complexes, je pensais que nous n’en lirions que 2 pages par jour. Clémence a été vraiment prise par l’histoire et a dévoré 8 pages le premier jour et a terminé les 9 dernières aujourd’hui. Il faut dire que l’histoire est vraiment mignonne.

jeudi 26 novembre 2009

A table!


Comme tous les soirs, au moment où je commence à préparer le repas, je demande à Clémence et Pauline de se mettre en pyjama ...
Ce soir, en montant leur dire de venir à table, je trouve Clémence presque toute habillée (elle avait tout de même enlevé ses collants!) et qui faisait ça:

samedi 22 août 2009

Boites de lecture




Je profite des derniers jours d’août pour fabriquer le plus de matériel possible. Ces derniers temps, je me suis lancée dans la réalisation de “boites de lecture”.
Ce matériel ne fait pas partie de ce que l’on m’a enseigné en stage mais est proposé actuellement par l’AMI. 
Dans le matériel qui m’a été proposé en stage, les enfants mémorisent les graphies complexes par le biais des dictées muettes (en lecture-écriture ou en lecture seule) et de la boite des phonèmes. 
Clémence est encore jeune et la boite des phonèmes est un peu trop aride pour elle. Durant l’été, je lui ai proposé quelques dictées muettes en lecture seule et c’est plutôt bien passé.

mardi 30 juin 2009

Ralentir! Travaux!




Comme je l’écrivais dans le précédent billet, j’ai repris les travaux dans ma maison, il fait très chaud et donc, je ne fais plus la classe depuis près de 15 jours.
Ça m’embêtais un peu car nous avons débuté des choses comme la mémorisation de l’addition, la 2ème table de Seguin ou le travail sur le masculin ou le féminin qu’il n’est pas très malin d’interrompre en cours de route, mais nécessité fait loi.

Mais que croyez-vous qu’il se passe pendant que j’enduis et je peins?
Et bien Clémence dessine à tour de bras, mais aussi se met à lire les étiquettes qui lui tombent sous les yeux à table et même écrit spontanément!
Pour un arrêt des activités, on aurait pu trouver pire...

mardi 2 juin 2009

Lire



Avant mon départ pour le 5ème stage, nous en étions un peu au point mort avec la lecture: Clémence savait parfaitement déchiffrer, mais se posait le problème des phonèmes complexes. Elle arrivait relativement bien à contourner la difficulté dans la lecture de mots (nomenclatures, par exemple), mais elle restait vraiment sur sa faim de ne pas arriver à lire de manière aisée des phrases et des livres.
Je suis heureusement rentrée de stage avec dans mes bagages un matériel que je n’avais pas voulu acheter lors du 3ème stage, en octobre, pensant qu’il était un peu désuet dans la forme et que je pourrai le remplacer par un autre...
A l’époque, Clémence n’avait pas encore commencé à lire, donc je voyais moins où se situait l’intérêt du matériel. Il s’agit en effet d’un manuel qui doit dater des années 60. Les sujets, les illustrations sont un peu datés. Mais le gros avantage, c’est qu’il est conçu pour des enfants qui entrent en lecture selon la pédagogie Montessori. Il aborde donc les difficultés en fonction de ce parcours que connaissent les enfants et en suivant le matériel des dictées muettes.
Il y a un manuel et des petits livres de lecture.

jeudi 9 avril 2009

Phonèmes




Les dictées muettes n’ont à nouveau plus la cote, ces temps-ci. Je continue à les proposer, mais je n’insiste pas, ce serait le meilleur moyen qu’elle n’y revienne plus.
Clémence a bien compris qu’elle avait besoin de progresser sur les phonèmes pour arriver à lire de manière plus fluide. Leur reconnaissance n’est pas encore automatisée.
Nous continuons le travail avec la boite des phonèmes mais également avec 2 nouveaux outils:

mercredi 25 mars 2009

Boite à mots




J’ai débuté hier cette activité avec une boite d’allumettes, et puis j’ai trouvé ce matin cette jolie boîte en métal “miss Blabla” que j’ai trouvée parfaitement appropriée pour la “boîte à mots” d’une petite fille. Inutile de préciser que Clémence a sauté d joie quand elle l’a vue...
Et l’activité, me direz-vous, en quoi consiste-t-elle? A aider l’enfant à progresser dans la lecture en lui proposant chaque jour 3 ou 4 mots sur des petits billets. Les mots désignent des objets de l’environnement et l’enfant doit aller les placer sur l’objet correspondant.

vendredi 20 mars 2009

Premier livre




Clémence sait déchiffrer et elle aimerait bien lire. Le problème, c’est qu’elle n’a pas encore acquis tous les graphèmes complexes qui permettent de lire sans problème. Son déchiffrage est également un peu lent. Du coup, si elle essaye de lire dans les livres que nous lisons ensemble, elle est perdue, elle se décourage.
Bien sûr, nous travaillons à rendre sa lecture plus experte: dictées muettes, cartes de nomenclature, association de billets avec des objets de la classe permettent de travailler la lecture du mot. La boite des phonèmes l’aide à mémoriser les graphèmes...

jeudi 15 janvier 2009

Boite des phonèmes




Cet après-midi, alors qu’elle mettait à jour son calendrier et sa poutre du temps, Clémence lisait le nom du mois de janvier. Elle s’étonnait du fait que “er” faisait “é”.
Comme elle a également pris conscience depuis peu que dans son prénom, le son “an” s’écrit “en” et le son “s” s’écrit “ce”, j’ai jugé qu’il était temps de lui présenter la boite des phonèmes.
Ce matériel recense toutes les graphies d’un certains nombre de phonèmes.

mardi 13 janvier 2009

Sens stéréognostique et lecture



Aujourd’hui, le sens du toucher et de la reconnaissance des formes avait le vent en poupe. Après avoir touché les tablettes rugueuses (et maintenant qu’elle a le vocabulaire, en même temps, elle dit: “lisse”, “rugueux” en les touchant), elle a pris les volumes bleus pour les travailler dans la farine. Ensuite, elle a voulu que je change les objets dans le sac à mystère et a exploré le sac stéréognostique récemment reçu de chez Absorbent Mind: il contient des petites formes en bois en double. On en tire une et il faut essayer de retrouver l’autre dans le sac.

mardi 9 décembre 2008

Le riz qu'on mange



Après avoir écrit “canari” (un de ses mots fétiches de la 2ème dictée muette), Clémence s’amusait à relire méthodiquement chaque syllabe du mot, insistant particulièrement sur “ri”.
Elle a fini par déclarer: “je voudrais écrire le “riz qu’on mange”...”
“Vas-y!”, lui dis-je, tout absorbée que j’étais dans la construction d’un prochain matériel. Je pensais qu’elle allait juste écrire “ri” pour “riz”. En général, Clémence est plutôt une adepte du moindre effort...
Mais aujourd’hui, elle s’est comportée en Montessorienne telle qu’on me l’a décrit en stage: qui écrit des phrases entières d’un seul tenant sur le tapis!


La suite de la journée allait me réserver une autre surprise.
En rangeant les images des 2 premières dictées muettes, Clémence tombe sur les billets de la 2ème dictée et se met à les déchiffrer juste sous mon nez!
Evidemment, ce sont des mots qu’elle connaît, ça l’aide à trouver le mot entier après l’avoir déchiffré lettre à lettre ou syllabe par syllabe. Mais il y a un net progrès depuis la dernière fois!
Ce qui m’étonne, c’est de voir comme la description que l’on m’a faite de l’enfant montessorien qui déchiffre ses premiers mots se retrouve précisément chez Clémence: même geste des doigts sur le billets, même technique de déchiffrage...
Bref, heureusement, j’ai pu attraper l’appareil photo au vol, et après m’être trompée 3 fois dans le réglage (l’émotion, sans doute!) j’ai réussi à filmer la fin de sa lecture.


lundi 1 décembre 2008

L'écriture explose



Ces derniers jours, Clémence écrit. Partout, tout le temps. Et quand elle n’a pas de crayon sous la main, elle décompose en syllabes et souvent en sons aussi.
Ma réserve de papier en prend un coup, mais le résultat est très intéressant.
Il y a encore parfois du gribouillage en forme de lettres, mais le plus souvent, ce sont des lettres, des chiffres, des mots qui surgissent sur la page. Dans tous les sens, de toutes les couleurs et finissant par se recouvrir les uns les autres. Mais le travail se fait, intense, répétitif. Les lettres deviennent plus lisibles, plus calibrées. Les mots arrivent de plus en plus nombreux. Elle commence à ne plus avoir peur de décomposer.
Hier soir, sur le tableau, elle a écrit le prénom de l’amie qui est venue nous voir samedi.

vendredi 21 novembre 2008

Quand la dictée me laisse muette




Cette semaine, je sentais bien qu’il y avait quelque chose qui clochait avec les dictées muettes. Clémence voulait bien aller en classe, mais surtout pas faire la dictée muette.
Je crois qu’il y a eu un malentendu le jour où j’ai présenté les images: elle a cru que l’activité consistait à raconter des histoires. Depuis, je ne sais pas trop pourquoi, alors qu’elle aimait bien faire le travail  de l’écriture spontanée, ça bloque sur les dictées.
Cet après-midi, j’insiste un peu, je lui demande de choisir entre écrire le mot qu’elle veut ou la dictée muette. Elle choisit la dictée.

Mais quand, après avoir fait plusieurs activités, l’heure a déjà tourné et qu’il est temps de s’y mettre avant d’aller goûter, je la sens qui rechigne, cherche des échappatoires.
Je lui propose de choisir elle-même 3 images. Elle s’exécute, mais tergiverse encore, tripotant les petits billets de lecture. “Mais c’est quoi, maman, ces petites étiquettes?”
J’explique que ce sont les mots et qu’elle s’en servira quand elle saura lire. “Ah oui! me réplique-t-elle, ici, il y a “lac”!”, dit-elle en prenant précisément le billet de lecture “lac”.
Evidemment, je ne peux rien faire d’autre que confirmer.

lundi 17 novembre 2008

Où l’on commence même à parler de lecture!




Samedi matin, comme je l’avais évoqué dans mon dernier billet, j’ai appelé Catherine, l’une de mes 2 formatrices. J’avais quelques questions à lui poser, notamment en ce qui concerne l’orthographe du prénom de Clémence. Pour le moment, tant que ça ne la choque pas, elle continue de l’écrire “Clémanse”. je lui présenterai “en” et “c qui fait s” plus tard.

Mais, pendant notre conversation, je suis amenée à relater un petit fait: l’autre jour, prenant sa carte d’activité “nettoyer le miroir”, elle fait semblant de la lire. Je vois bien qu’elle ne lit pas puisque pour elle, l’ensemble des 3 mots tient dans le seul mot “nettoyer”. Néanmoins, après un moment, elle me dit: “nettoyer, j’entends deux fois “é” mais je ne vois pas d’accent...”
A mon grand étonnement, Catherine me dit alors qu’il est grand temps de commencer les dictées muettes: “Si elle en est là, ta petite est sûrement plus proche de la lecture que tu ne le penses.”