Le contenu de ce blog est le reflet de mon cheminement dans la pratique de la pédagogie Montessori et n'engage que moi.
Il ne saurait se substituer à une formation de qualité.
Toutes les photos et les textes sont ma propriété. Nul n'est autorisé à les utiliser sans mon autorisation expresse.

mercredi 30 mars 2016

Blog complètement migré! Et une renaissance à la clef :-)

Voilà, au bout de 5 ans, le travail de migration de mon blog depuis l'ancienne plateforme inaccessible d'Apple à celle-là est enfin achevé! Ce sont maintenant 600 billets écrits entre 2008 et 2011 qui sont de nouveau disponibles.

En prenant le temps de terminer, ces derniers temps, je me suis dit que ce travail n'était pas vain. En fouillant dans ce journal, vous trouverez beaucoup de choses: des explications sur le matériel et sa fabrication, bien sûr, mais également beaucoup d'articles de réflexion sur la mise en place de la pédagogie, sur l'ambiance, la mise au travail des enfants. Ce journal retrace mon cheminement pendant ces années, mes essais, mes questionnements, mes erreurs.

Les choix que j'ai pu faire dans ces 3 années d'ief et d'ateliers ont parfois évolué avec l'expérience de 4 ans à l'Ecole Montessori d'Angers. Mais il m'a paru intéressant de les laisser tels quels, avec parfois une ou deux phrases de commentaires en "édit" et balisés comme tels dans les billets.

Certains d'entre vous retrouveront des billets qu'ils cherchaient, notamment sur la notion du temps et la lecture de l'heure. J'ai également créé une rubrique 6-12 ans dans les tags car, sur la fin de ce journal, un certain nombre de billets concernent Clémence qui abordait le travail de 6-12. Il peut être intéressant de croiser les billets de présentation de l'époque avec ceux que j'ai pu rédiger ensuite sur le blog Montessori 6-12 ans.

Mais je souhaite également que ce blog ne reste pas qu'un témoignage du passé juste accessible pour la somme d'informations qu'il représente. En 4 ans, j'ai eu le temps de progresser dans ma réflexion aussi en 3-6 ans, bien que j'aie été l'éducatrice des 6-12 ans. Mon rôle de directrice pédagogique et les contacts quotidiens que j'avais à la fois avec Aude et avec les enfants ont été très riches sur ce plan aussi et j'ai envie de partager avec vous sur cela aussi.

Du coup, il m'a semblé logique de le faire sur ce blog-là plutôt que sur le blog 6-12. J'ai déjà dans l'idée plusieurs thèmes de billets et je souhaite qu'ils puissent aussi servir aux collègues enseignants du "traditionnel" qui souhaitent s'engager dans la voie de la pédagogie Montessori.

Ces dernières années, je n'étais pas disponible pour suivre ce blog et de nombreux commentaires sont restés en souffrance. C'est dommage car il y avait des questions intéressantes.
Je suis désormais à la fois plus disponible et mieux organisée pour suivre les commentaires. Alors n'hésitez pas à poser vos questions ou à me faire part de vos remarques. Je prendrai le temps d'y répondre, voire d'en faire un nouveau billet.
Le transfert du blog s'est fait à la main avec des captures d'écran et du copier-coller "à la chaîne". Malgré toute mon attention, j'ai pu commettre des erreurs. N'hésitez pas à me signaler tout texte qui vous paraîtrait incohérent avec les images ou le titre, ainsi je pourrai effectuer les corrections qui s'imposent.

En attendant un prochain billet, n'hésitez pas à naviguer dans ce recueil d'expérience. Servez-vous des tags pour vos recherches. Et n'hésitez pas à me laisser vos commentaires!

mercredi 11 juin 2014

Ça bouge un peu sur ce blog!

Non, vous ne rêvez pas, je viens de re-publier une petite fournée de billets sur les presque 200 qui restent encore! Une envie subite de m'y remettre enfin après tant de temps...
Pourtant, ce ne sont pas les occupations qui manquent à l'école en ce moment! Mais à raison de quelques billets par-ci par-là, je vais peut-être y arriver.
Peut-être enfin la fin des re-publications d'ici la fin des grandes vacances? Rêvons...

mardi 7 juin 2011

Les barres rouges et bleues, encore et toujours


Voilà maintenant plusieurs mois que les barres rouges et bleues ont été présentées à un certain nombre d’enfants. Cela peut paraître surprenant, mais c’est un des matériels les plus longs à assimiler pour les enfants. La notion de mise en ordre a été donnée par les barres unies (bleues ou rouges) mais l’association des quantités à leur nom, leur reconnaissance, l’apprentissage des symboles (chiffres rugueux) puis l’association des 2 prend du temps.
Eloïse, qui fréquente aussi l’école, avait travaillé précocement sur le code. Comme elle excelle à mémoriser les symboles, une fois qu’elle a été prête sensoriellement à la présentation des barres rouges et bleues, la mise en correspondance entre quantités et symboles s’est faite rapidement. Je suis donc passée rapidement aux fuseaux. Mais je l’ai surtout fait parce qu’Eloïse rechignait aux barres étant donné qu’à l’école elle pratique intensivement les exercices de dénombrement. L’exercice lui a paru -à tort- trop simple du point de vue arithmétique et trop contraignant du point de vue manipulatoire. Il est donc probable qu’elle n’en aura pas tiré autant de fruit que Liv, Pauline et X. qui sont encore dessus et qui auront certainement construit une vision plus concrète des quantités.
Avec X. nous avançons lentement avec les symboles: chez elle la mémorisation du nom des objets ou des symboles prend beaucoup de temps. C’est une caractéristique de son handicap. Avec beaucoup de patience et de répétition, elle arrive maintenant à associer les symboles jusqu’à 8 avec parfois encore quelques confusion entre 6, 7 et 8.
Liv et Pauline, elles, confondent parfois 8 et 9 mais  pratiquent régulièrement l’association des barres avec les symboles.


La petite confusion de Liv et Pauline étant assez anecdotique, je les fais travailler de manière périphérique en reprenant régulièrement les chiffres rugueux et en proposant de la calligraphie à la peinture. L’important est de maintenir leur intérêt à manipuler les barres rouges et bleues. Il était donc temps de proposer l’idée d’addition.
Le principe est simple: On prend une barre (10, pour commencer) et on cherche toutes les combinaisons de 2 barres qui font 10. Dans le cas de Pauline et Liv, pour renforcer leur mémorisation des symboles, je leur demande de mettre côte à côte sur le tapis les symboles des 2 barres qui font 10.



Pour 5 plus 5, on retourne la barre. Pauline va aussi chercher la barre bleue de même taille pour combler l’espace (Une manipulation que nous ne devons pas montrer mais que l’enfant peut faire. Ce n’est pas un détournement.)

vendredi 3 juin 2011

Calligraphie à tous les étages


En ce moment, il y a une frénésie de calligraphie dans la classe: Pauline, Liv, Eloise et X. s’entraînent souvent que ce soit dans le sable, à la peinture ou sur ardoise et même dans un petit cahier de calligraphie pour Pauline et bientôt pour Liv.


lundi 30 mai 2011

Coup de pouce / coup de pub


 Aujourd’hui, je vais vous parler d’une autre maman qui fait l’école à la maison et tient un blog, Family and Co. Cette maman francophone vit à Londres et travaille en coopération avec une éducatrice Montessori pour préparer le matériel de ses enfants. Elle passe beaucoup de temps à créer du matériel sur papier et m’a récemment contactée pour relire le travail qu’elle avait fait sur les boites roses, bleues et vertes.
Ce matériel développé par les montessoriens anglo-saxons a été récemment adopté par l’AMF et est couramment employé dans des écoles françaises. Mais si l’on trouve facilement de quoi fabriquer ce matériel en anglais, il n’existe rien ou presque sur le sujet en langue française. Seul le principe est bien documenté, les listes de mots ne sont pas accessibles.
L’AMF préconise ce matériel comme pur matériel de lecture et refuse l’utilisation des dictées muettes. Les anglo-saxons et les québécois l’utilisent en partie en écriture comme le matériel des dictées muettes qu’ils n’ont pas.
Pour ma part, je trouve que le matériel des dictées muettes apporte énormément aux enfants mais qu’il manque du matériel de lecture avant la boite des phonèmes. Aussi l’idée de contribuer à rendre accessible ce matériel en France m’a emballé et c’est bien volontiers que j’ai apporté mon aide  pour parachever l’énorme travail réalisé par cette maman.
Ce matériel est maintenant terminé. Family and Co vous le propose sur sa boutique. Il peut paraître incongru de vendre ce matériel alors que nous sommes habituées à échanger gratuitement nos réalisations. Mais il faut préciser que Family and Co a un beau projet: ouvrir une école Montessori dans un pays où cette pédagogie est quasiment inexistante. Alors chaque fichier vendu, c’est peu d’argent de côté pour le matériel de l’école qu’elle espère bien acheter d’ici fin août.
Les boites sont un peu plus chères que ces autres fichiers car il s’agit vraiment d’un très gros travail. Moi qui n’ai fait que relire et apporter des modifications mineures, j’y ai déjà passé beaucoup de temps, alors je n’ose imaginer le temps total qu’il lui a fallu. La série des boites vertes est tout bonnement énorme!

Pour ma part, j’ai déjà fabriqué les 2 premières séries de boites (roses et bleues). Pauline et Liv ont déjà commencé à lire les mots de les 2 premières boites (je n’utilise les boites qu’en lecture puisque les enfants ont les dictées muettes) et s’en régalent. Pauline commence aussi doucement les listes de mots à lire. Quant aux boites vertes, dès qu’elles seront prêtes, je connais une petite fille qui va pouvoir s’entraîner avec!
Beaucoup des mots utilisés dans ces boîtes se recoupent avec les dictées muettes, mais c’est une manière différente de les utiliser. J’aime beaucoup les listes de mots ainsi que les petites et grandes phrases à lire quand l’enfant a pris de l’aisance sur la lecture de mots.


vendredi 27 mai 2011

La peinture comme remédiation


Cette semaine j’ai été amenée à utiliser plusieurs fois la peinture comme moyen de débloquer des situations d’apprentissage.
Ça a commencé mercredi avec une petite M. de 8 ans. En CE1, elle a une difficulté de lecture due à la fois au manque d’entraînement en lecture de déchiffrage et à une confusion b/d et p/q. C’est la 1ère confusion qui est la plus handicapante. C’est donc elle que nous avons travaillée d’abord.
Une discussion avec la maman a montré que cette petite fille n’a pas eu l’occasion de fixer correctement les sens de lecture et d’écriture, ce qui a entraîné des phénomène d’écriture en miroir, et de droite à gauche ainsi que des tentatives de lecture de droite à gauche...
Les recherches sur l’acquisition de la lecture montrent que le cerveau du jeune enfant n’est pas latéralisé. Aller de droite à gauche ou de gauche à droite sont strictement équivalent chez lui et ne demandent pas plus d’effort. Pour apprendre à lire, l’enfant doit «sacrifier» un sens et en privilégier un seul. Ses yeux et sa mains doivent s’habituer à aller dans le sens de la lecture et il doit intégrer qu’aller à l’envers n’est pas possible. D’où l’importance accordée à cette compétence en Montessori et l’attention portée très tôt pour privilégier le sens de la lecture dans toutes les activités afin qu’il devienne une seconde nature.
Chez cette petite fille, malheureusement, cela n’a pas été fait et elle fait sans doute partie de ces enfants chez qui la latéralisation ne met pas en place naturellement. Pour y remédier - et vu le peu de temps dont je dispose - j’ai choisi d’utiliser la peinture sur une grande feuille afin de lui faire faire des gestes amples destinés à mieux s’imprimer corporellement.


Puis nous avons fait de même avec le «d» et une histoire d’un monsieur qui porte un paquet très lourd dans son dos.
Quand M. a fini de tracer ses «d», je lui ai demandé de dessiner des «b» et des «d» que je lui dictais. Elle se concentrait bien pour savoir dans quel sens les tracer. Ensuite, je lui ai demandé de «lire» des lettres qu’elle avait tracées.
Après cet exercice, je l’ai envoyée faire une activité de vie pratique puis un exercice de lecture. La confusion était déjà bien atténuée. Quand elle doutait, elle se raccrochait à l’histoire de la dame enceinte ou de l’homme qui porte sur don dos en faisant le geste Borel-Maisonny et elle arrivait à sortir de la confusion. 
Elle est rentrée chez elle avec son grand panneau avec pour consigne de l’afficher dans sa chambre et de refaire cet exercice chez elle si elle veut. Espérons que l’aide apportée sera durable.




Grandes chaînes


Jusqu’à présent, Clémence a surtout travaillé les petites chaînes, qui lui permettent notamment de mémoriser ses tables de multiplication. Elle a aussi un peu travaillé les grandes chaines de 2 (pas trop difficile!), 3 et 4 et surtout la chaîne de 5 qui lui a permis d’avancer sur la lecture de l’heure.
La chaîne de 5 commence déjà a être un peu grande, puisqu’elle va jusqu’à 125. Mais elle est quand même très facile. Compter de 5 en 5 ne pose de de difficulté à l’enfant qui maîtrise normalement très bien la chaîne de 10 et il n’y a que 25 étiquettes à classer et poser.
Aujourd’hui, j’ai sorti la grande chaîne de 7. Le travail est déjà beaucoup plus long: 49 étiquettes à trier et poser de 7 à 343. Ici, le travail ne consiste pas tant à mémoriser tous les multiples de 7 que de se repérer dans la numération: classer les étiquettes selon leur centaine, puis les mettre dans l’ordre. L’exercice typique que les grands enfants de 3-6 ou les 6-12 peuvent faire à 2. 
C’est ce qu’a fait Clémence avec Yasmine ce matin avant de terminer seule cet après-midi.